Dans cette recherche j’analyse le période de l’histoire du Parti Communiste français des années soixante et soixante-dix du XXe siècle à partir des trois aspects : le rôle qu’ont joué les intellectuels du parti, la fonction réservée à la production théorique dans l’élaboration de la ligne politique, et les formes et contenus du débat politico-stratégique dans le groupe dirigeant.
Étudier le PCF dans les années soixante et soixante-dix veut dire analyser le processus de maturation des multiples dimensions de sa crise qu’on peut définir comme une crise d’hégémonie.
Par crise d’hégémonie j’entend notamment la difficulté progressive que rencontre le parti à représenter les intérêts, les attentes et les formes de conflictualité des couches sociales qu’il représente et l’incapacité à élargir sa propre influence politique, culturelle et idéologique dans une société soumise à une mutation profonde et dans une phase historique mondiale marquée par de grandes transformations.
A partir du contexte historique spécifique, le but principal a été aussi de reconstruire et d’analyser le parti communiste français comme intellectuel collectif en particulier à reconstruire le développement de son projet politique et à évaluer dans cette reconstruction sa capacité à activer des processus hégémoniques, voire a renouveler et à élargir son influence sociale, politique et culturelle.
C’est donc à partir de ces fondements que j’ai essayé d’étudier l’évolution du PCF. J’ai essayé de le faire à travers une reconstruction chronologique fondée sur les documents d’archives pour retracer la façon dont évolue la culture politique, le fonctionnement et le rôle du PCF dans la société française. (Lire la suite)
Le mot de communisme est né avant Marx et il continue aujourd’hui d’être employé, en des sens très divers. Pourtant, peut-on penser le communisme sans le référer d’une façon ou d’une autre à Marx, c’est-à-dire sans le relier à une critique du capitalisme qui en analyse les contradictions profondes et l’abolition nécessaire ? C’est le poids politique de la référence à Marx aujourd’hui, poids problématique, qu’il s’agit de discuter, en s’interrogeant sur la persistance, voire la remontée d’une telle référence après l’effondrement des pays dits socialistes. Le récent anniversaire de la chute du Mur, salué à grands fracas médiatiques, s’est voulu l’enterrement de toute perspective communiste. Pourtant, ce tohu-bohu de circonstance prouve lui aussi le retour de la radicalité politique et pose à nouveau le problème de son rapport contemporain à Marx et à ses approches marquées par une diversité de plus en plus affirmée. Question multiple bien évidemment ! Ainsi, elle inclut la question de savoir en quoi le communisme a été ou non pensé et défini par Marx dans son œuvre. Plus largement, le retour de la question communiste n’implique-t-elle pas le retour de ces questions politiques que sont les problèmes de transition et de médiation ? Loin de faire du communisme une visée qui les néglige ou les dénonce, n’est-ce pas le propre de la référence à Marx que de réfléchir à la place des luttes sociales, mais aussi à la nature et à la structure des organisations politiques, des formes politiques d’intervention ? Parler de communisme aujourd’hui oblige à aborder de front la question de la « vraie démocratie », pour citer le jeune Marx, et à rouvrir enfin le dossier central de la propriété. De ce point de vue, la question communiste oblige aussi à reposer la question du socialisme qui lui est parfois opposé après lui avoir été assimilé. Bref, la question ouverte d’un rapport contemporain et vivant à Marx pourrait bien être au cœur de la discussion si celle-ci doit se poursuivre et parvenir à réassocier les dimensions théorique et stratégique. On pourrait alors envisager que le communisme n’est ni un pur concept ni le nom d’une défaite.
vendredi 22, après-midi | 14:00 Table ronde n° 2 : Un communisme sans histoire ?
Participants : Alex Callinicos, Alberto Toscano, Etienne Balibar, Catherine Samary, André Tosel
Modérateur : Nicolas Vieillescazes
« J’étais, je suis, je serai » écrivait Rosa Luxemburg juste avant son assassinat, en parlant de la révolution et de l’idée du communisme qu’elle faisait remonter, au moins, à la révolte de Spartakus. Ainsi le communisme s’inscrirait comme une idée de portée presque anthropologique, reflétant la part humaine qui pousse à l’égalité et à la liberté. En ce sens, elle serait, pour ainsi dire, insensible à l’histoire, même si sa puissance dépend des périodes. Sans contredire directement cette approche, avec Marx et la généralisation du salariat, naît un point de vue matérialiste qui ancre dans les contradictions du capitalisme la possibilité effective de la réalisation du rêve. Un communisme en puissance autrement dit, au sens de la physique, dont les conditions historiques de réalisation prennent un aspect concret, mais dont la mise en énergie dépend des évènements, du tour que prend une conjonction particulière de rapports de force économiques, idéologiques, sociaux et politiques et des évènements qui en découlent. Approches opposées, disjointes ou complémentaires ?
Samedi 23 matin | 09.00
Table ronde n° 3 : A la recherche du sujet perdu
Participants : Thomas Coutrot, Christian Laval, Elsa Dorlin, Samuel Johsua
Modérateur : François Cusset
Autrefois incarné par une classe ouvrière consciente d’elle-même et de son rôle historique, le sujet de la révolution communiste semble avoir aujourd’hui disparu sous les assauts conjugués d’une mutation du capital ayant totalement intégré la sphère culturelle à la sphère marchande, de forces politiques et idéologiques qui se sont employées à discréditer toute idée d’alternative politique et ont promu le mythe d’une classe moyenne universelle, ou, conséquemment, d’un relativisme généralisé qui a renvoyé aux oubliettes de l’histoire l’idée même de révolution. Comment donc, aujourd’hui, reformuler la question du sujet d’un possible renversement du capitalisme ? Pour Toni Negri, le communisme est appelé à naître spontanément d’un bouleversement des rapports de production qui permettrait à la « multitude » du general intellect de se « libérer » ; et il ne manque pas d’auteurs qui considèrent que la question est mal posée, soit qu’il faille chercher une issue dans les luttes micropolitiques en s’inspirant des travaux de Michel Foucault ou de Félix Guattari et Gilles Deleuze, soit qu’elle ne puisse se trouver que dans un « peuple » non assignable à quelque coordonnée sociologique que ce soit. Dans ce contexte, alors que les inégalités sont pourtant plus criantes qu’elles ne l’ont jamais été et que sembleraient pouvoir se dessiner les conditions d’une solidarité politique minimale, la question même d’un sujet communiste révolutionnaire a-t-elle encore un sens ? Le problème, finalement, n’est peut-être pas tant celui du sujet perdu que celui, plus général, de la construction d’une alternative crédible au capitalisme.
samedi 23, après-midi | 14:00
Table ronde n° 4 : Des communistes sans communisme ?
Participants : Jacques Rancière, Slavoj Zizek, Daniel Bensaid, Michel Surya, Gaspar Tamas Modérateur : à signaler
Selon une célèbre phrase de Lénine, il n’est de mouvement révolutionnaire sans théorie révolutionnaire. La théorie est à la fois ce qui permet de s’orienter dans un réel tumultueux, de conférer une « identité » au collectif révolutionnaire, et de doter ce dernier d’un programme, c’est-à-dire d’un objectif à atteindre via une période de transition. Pendant plus d’un siècle, le marxisme a fourni l’ossature de cette théorie, même si d’autres courants y ont bien entendu également contribué. Parmi les éléments dont les mouvements anti-systémiques (y compris les partis révolutionnaires) se trouvent dépossédés avec la clôture du cycle historique initié en Octobre 1917, et la fin de l’expérience du communisme « réel », on compte cette dimension « doctrinale » de l’activité révolutionnaire. Il existe actuellement des personnes et des collectifs qui se déclarent « communistes » mais, comme théorie (relativement) cohérente et unifiée, le communisme semble introuvable. Faut-il se réjouir de ce fait, l’absence de doctrine hégémonique permettant aux micro-pratiques et micro-théories correspondantes de proliférer (hypothèse des « mille marxismes ») ? Faut-il au contraire le déplorer, et s’atteler à la reconstruction de long terme d’une théorie révolutionnaire ?
[Présentation de l'éditeur] À la fois complice intellectuel et mécène de Karl Marx, Friedrich Engels (1820-1895), héritier d'une famille prussienne calviniste, endura une carrière dans le « maudit commerce » du coton afin d'assurer à son ami les ressources et la liberté nécessaires pour écrire Le Capital. Membre de la Bourse royale de Manchester, Engels menait la grande vie, buvait sec et s'adonnait à tous les plaisirs de l'existence : le château-margaux, la chasse au renard et la compagnie des femmes. Docteur Jekyll le jour, il était Mister Hyde la nuit, socialiste révolutionnaire en ménage avec Mary Burns, ouvrière irlandaise qui l'introduisit dans les milieux populaires. Cet écheveau de contradictions imprègne les œuvres majeures de Marx, auxquelles Engels insuffla son expérience des rouages du capitalisme mondial, de la vie en usine et de l'insurrection armée. Puis, retiré du monde des affaires, il devint à la mort de son ami le gardien de l'orthodoxie marxiste, se consacra à ses propres écrits et au mouvement socialiste international en gestation. D'un bout à l'autre, la vie d'Engels épousa l'histoire révolutionnaire du XIXe siècle en Europe, des tavernes du Berlin hégélien à la grisaille de l'Angleterre victorienne, des barricades de 1848 en Prusse à la Commune de Paris, des taudis de Manchester au Londres doré des rentiers, en passant par la naissance de la social-démocratie allemande. Dans cette remarquable biographie, qui replace ce « second violon » hors de l'ombre tutélaire de Marx le virtuose, Tristram Hunt brosse en véritable conteur le portrait d'un héros balzacien qui parvint, envers et contre tout, à « faire sa propre histoire ».
Tristram Hunt né en 1974, historien spécialiste de l'époque victorienne, enseigne à Queen Mary, université de Londres.
On lira avec intérêt une note critique de cet ouvrage proposée par Thierry Labica dans l’Humanité du 3 décembre 2009
Il est clair depuis ces dernières années que la mondialisation capitaliste en cours entraine un processus de désémancipation sociale caractérisé par une soumission réelle du travail et de l’économie aux impératifs de l’accumulation financière, par une concurrence impitoyable, de plus en plus polycentrique, entre entreprises et États, par la production d’inégalités énormes entre populations différentes, aussi bien qu’au sein d’une même population. Cette désémancipation se développe en accusant ses traits: chômage incompressible, désinvestissements et délocalisations du capitalisme liquide, production d’une masse d’hommes inutiles inscrits dans un régime d’apartheid mondial, liquidation des solidarités de travail et de coopération, destruction de ce compromis socio-politique qu’avait été l’État social de l’après-guerre, généralisation de formes de guerre inédites... Or, il n’est pas de désémancipation sociale sans désémancipation politique. C’est ce que prouve la dérive liberticide qu’organise le principat de moins en moins démocratique mis en place jour après jour par le régime Sarkozy (Lire la suite)
L’ouvrage est consacré à l’examen de quelques moments importants de l’histoire dite des marxismes du 20e siècle et de certaines interprétations de Marx. Les études ici rassemblées ont l’ambition d’alimenter ce débat par l’examen de quelques moments importants de l’histoire dite des marxismes, et de certaines interprétations de Marx au 20e siècle. Il accorde une importance particulière accordée à Gramsci comme le penseur hérétique le plus complet. L’auteur aborde ces contributions du siècle passé dans leur dimension critique et qui s’avèrent nécessaires à la production d’une théorie critique à la hauteur du défi que constituent l’échec du communisme historique et l’hégémonie du capitalisme mondialisé. Ainsi d’autres interprétations de Marx sont ici défendues, délivrées de la volonté d’orthodoxie, interprétations nourries de la confrontation avec les points hauts de la modernité théorique. Cette exigence est partagée par tous ceux pour qui la référence à Marx est celle tout à la fois, de ce livre que d’un chantier encore à explorer.
Nous vous rappelons que nous avons créé une liste d’information présentant les activités du séminaire Marx : l’annonce des séances à l’université Paris 1, les nouveautés sur le blog et bientôt sur le site du séminaire (dès que le temps sera plus souple). Pour s’y inscrire, il suffit de nous adresser un message à seminaire@marxau21.fr, en précisant l’adresse que vous souhaitez abonner.
Présentation, par Alain Caillé et Philippe Chanial I / Que faire, que penser de Marx aujourd’hui ?
1. Ouvertures(s) : Marx indépassable, à dépasser
Le progressisme de Marx et la politique athée. Quatre rapports possibles à Marx, par Christian Laval La décroissance comme projet politique de gauche, par Serge Latouche
Marx, spiritualiste sans le savoir, par François Flahault De Marx à Mauss, sans passer par de Maistre ni Maurras, par Alain Caillé et S. Dzimira Le « côté obscur » de la valeur et le don, par Anselme Jappé @ Crise économique globale ou crise des fondements symboliques du capitalisme ?, par Maxime Ouellet
Les intérêts de classe et les forces morales, par Benoît Malon @ Au-delà du marxisme ? Le socialisme et l'association, par Eugène Fournière
@ Le dépassement du marxisme, par Carlo Rosselli 2. Variations critiques sur quelques thèmes marxistes : révoltes, capitalisme, classes sociales, aliénation, etc. Ils avaient un monde à y gagner, par Paul Jorion
Pourquoi se révolte-t-on ? Identité, intérêt, action, par Christian Lazzeri
Quarante-huit thèses sur le capitalisme, par François Fourquet Le noyau dur de la théorie sociale de Marx : du fétichisme et de ses conséquences, par Jan Spurk @ Une nouvelle voie pour le matérialisme politique. Remarques sur l'anthropologie négative de Marx et l'anthropologie positive de Proudhon, par Bruno Frère
Crise, économie et politique : le détour par un Marx antinaturaliste, par M. Kail et R. Sobel @ Quand l’objection de croissance révèle certains des impensés de la gauche, par Fabrice Flipo @ L’objection de croissance manquerait-elle de conscience ?, par Jean-Marie Harribey 3. Trois égo-histoires de marxisme
Avec Marx, malgré tout, par Gérald Berthoud
Oublier Marx, par Serge Latouche Une égo-histoire marxiste, par Alain Caillé 4. L’héritage vivant de Marx : Ardendt, Castoriadis, Gorz, Polanyi, etc...
Hannah Arendt et Karl Polanyi : le libéralisme économique, l’effondrement du politique et la société de masse, par Geneviève Azam
Karl Polanyi : une voix du siècle passé, par Michèle Cangiani
André Gorz, un marxiste existentialiste. L’histoire et le sujet de l’histoire, par Françoise Gollain
Espace public et émancipation chez Castoriadis, par Nicolas Poirier @ Marx et l’imaginaire II. Libre revue, par Jean-Louis Prat II / Libre revue
Sauvons l’Université : stoppons la recherche de subventions, par Rémi de Villeneuve
Du pouvoir politique et du pouvoir du don : la dialogie fractale de l’Église catholique, par Olivier Bobineau
L’écrivain sacrifié. Vie et mort de l’émission littéraire, par Patrick Tudoret @ L’équivoque du symbolique, par Vincent Descombes
@ Bibliothèque
Les auteurs de ce numéro
Réunions-débats
Que peut-on et doit-on conserver de Marx ? Se poser cette question, c'est se demander ce qu'il nous est (encore) permis d'espérer. Si Marx a eu l'importance historique que l'on sait, c'est parce qu'il est celui qui a su lier l'aspiration au savoir absolu à l'émancipation universelle. Mais au prix de contradictions et d'impasses qu'il nous importe de surmonter définitivement. Marx, penseur par excellence de la contradiction, a été lui-même le penseur le plus contradictoire ou tiraillé qui soit. On peut en effet tout aussi légitimement le percevoir comme le plus empreint d'économisme ou le plus anti-économiciste, le plus utilitariste ou le plus anti-utilitariste, le plus humaniste ou le plus antihumaniste, le plus individualiste ou le plus holiste, le plus scientiste ou le plus antiscientiste, le plus libertaire et le plus autoritaire. Et surtout, à la fois le plus nihiliste et le plus optimiste.
Ce qu'il nous reste à déterminer, c'est le bon équilibre entre ces termes opposés. Et ce n'est pas chez les héritiers proclamés de Marx qu'on le trouvera, mais chez ceux qui s'en sont inspirés, pour le prolonger en le critiquant, comme Marx, critique impénitent, l'aurait fait lui-même : Hannah Arendt, Cornelius Castoriadis, André Gorz, Karl Polanyi et tant d'autres. Et, surtout, Marcel Mauss, de tous, curieusement, le plus proche de l'inspiration marxienne et celui qui apporte les réponses les plus profondes aux questions centrales soulevées par Marx.
Collection : Revue du M.A.U.S.S. n°34 Parution : novembre 2009 Nb de pages : 336
Prix : 23 € ISBN : 9782707158758 Dimensions : 135 * 220 mm Façonnage : Broché
Fondée en 1981, et dirigée par Alain Caillé, la Revue du M.A.U.S.S. (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales) s’adresse à tous ceux qui s’intéressent à ce qui se produit à l’intersection des sciences sociales, du politique et de l’histoire. Elle s’est imposée comme l’un des lieux importants du débat public en France.
L'introduction récente, en France, des Cultural Studies, semble s'être faite au prix de l'oubli de leur hétérogénéité : cette étiquette englobante recouvre en effet des postures intellectuelles, des contenus théoriques et des rapports au politique fort différents. En ce sens, la première traduction française de Raymond Williams se voudrait une introduction à un versant bien spécifique de cette pensée critique. Si ce dernier est souvent présenté, à juste titre, comme l'un des fondateurs des Cultural Studies, il faut immédiatement préciser qu'il envisage ces dernières comme devant donner lieu à une théorie matérialiste de la culture. La pensée de Williams doit en outre être saisie comme un effort permanent pour articuler travail théorique - en inscrivant son œuvre dans un dialogue avec la tradition marxiste - et projets d'émancipation. Si ce recueil ne peut constituer qu'une brève introduction à l'oeuvre prolifique de Williams, elle dessine néanmoins les multiples directions et objets de son travail. De son analyse des mouvements d'avant-garde à la réélaboration des notions centrales de la pensée marxiste - qu'il s'agisse du couple base/superstructure ou de la nécessité de penser les « moyens de communication comme moyens de production » - en passant par la considération de l'imaginaire produit par la ville capitaliste, ce recueil entend donner à lire une œuvre tout à la fois plurielle - par ses objets, ses préoccupations - et dotée d'une forte unité théorique et politique - le matérialisme d'une pensée toujours articulée à la nécessité d'élaborer de nouvelles pratiques politiques. Les Cultural Studios n'ont cessé d'étudier la culture, pour Williams il s'agit également de la transformer.
Raymond Williams, Culture & matérialisme. Paris : Les Prairies ordinaires, 2009. – 245 p.