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vendredi 24 octobre 2014

[Texte] Livio Boni | Gramsci ré-orienté : le 25e Cahier de Prison à l’épreuve des lectures subalternistes indiennes


Vient d’être publié sur le site du séminaire, un nouveau texte, de Livio Boni, Gramsci ré-orienté : le 25e Cahier de Prison à l’épreuve des lectures subalternistes indiennes. 

Mon propos sera ici de tenter un aller-retour entre le texte gramscien concernant la question des « groupes sociaux subalternes » et une série d’usages de la catégorie de subalternité mûris à partir de la fin des années 1970, en particulier dans le contexte indien. Cela non pas pour restaurer une quelconque autorité de la lettre du texte gramscien contre des emplois ou des références parcellaires ou hétérodoxes, car une telle autorité serait imaginaire – c’est-à-dire déjà produite par une certaine orientation de lecture – et stérilisante, dans la mesure où elle prétendrait s’appuyer sur les textes pour réaffirmer une certaine univocité du gramscisme, alors même que ce dernier s’est trouvé puissamment réactivé et remis en jeu par toute une série de réappropriations venant d’horizons fort éloignés de celui de son contexte d’origine.

mardi 19 mars 2013

Colloque international La « Gramsci Renaissance » Regards croisés France-Italie sur la pensée d’Antonio Gramsci Paris, les 22 et 23 mars 2013


Le colloque est organisé par la Fondation Gabriel Péri, la Fondazione Istituto Gramsci de Rome et le Centre d’Histoire des Systèmes de Pensée Moderne (séminaire Marx au XXIème Siècle), en collaboration avec la Maison de l’Italie de la Cité universitaire.
Comité Scientifique : André Tosel, Giuseppe Vacca, Serge Wolikow, Jean Salem, Marco Di Maggio, Jean-Numa Ducange, Francesco Giasi.
Secrétariat scientifique : Maud Lambert.

L’entrée est libre dans la limite des places disponibles.
Contacts : fondation@gabrielperi.fr - marcodimaggio78@gmail.com

Programme

Première journée, vendredi 22 mars
Maison de l’Italie de la Cité universitaire, 7 A, boulevard Jourdan, Paris.

09h30 - Ouverture du colloque par Michel Maso, Directeur de la Fondation Gabriel Péri
09h45 - Séance présidée par Giuseppe Vacca, Professeur émérite d’université, Président de la Fondation Istituto Gramsci
  • Francesco Giasi (Fondation Istituto Gramsci), Les éditions de Gramsci en Italie
  • Giuseppe Cospito (Université de Pavie), Les nouvelles recherches sur Gramsci en Italie (2007-2012)
  • Leonardo Rapone (Université de la Tuscia, Viterbe), Études récentes sur la vie de Gramsci
10h45 - Pause café
11h15 - Séance présidée par André Tosel (Professeur émérite d’université)
  • Fabio Frosini (Université d’Urbino), Gramsci et le chiasme entre religion et philosophie
  • Domenico Losurdo (Université d’Urbino), Gramsci et la Russie soviétique
  • Jean-Numa Ducange (Université de Rouen, séminaire Marx au XXIe siècle), Gramsci et la notion de jacobinisme : forces et ambiguïtés d’une lecture singulière de la Révolution française
12h30 - Pause déjeuner
14h30 - Séance présidée par Silvio Pons (Université de Rome Tor Vergata, Directeur de la Fondation Istituto Gramsci)
  • Rino Caputo (Université de Rome Tor Vergata), L’influence de Gramsci dans les théories de la littérature
  • Marcello Massenzio (Université de Rome Tor Vergata), Gramsci et les études anthropologiques italiennes
  • Riccardo Ciavolella, (École des hautes études en Sciences sociales) Gramsci et l’anthropologie politique entre Bourdieu et Rancière
  • Pierre Musso (Université de Rennes II), L’actualité de la notion d’« américanisme »
16h00-16h45 - Discussion
16h45-17h00 Pause café
17h00 - La réception de Gramsci en France
Table ronde animée par Serge Wolikow (Professeur émérite d’université, responsable Histoire et Archives de la fondation Gabriel Péri),
avec Jacques Bidet (professeur émérite d’université, Directeur honoraire d’Actuel Marx), André Tosel et Giuseppe Vacca

18h30 Cocktail
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Deuxième journée, samedi 23 mars
Amphithéâtre Georges Lefebvre, Université Paris I Panthéon Sorbonne, 17, rue de la Sorbonne, Paris

09h30 - Séance présidée par Jean Salem (Université Sorbonne Paris I, Séminaire Marx au XXI siècle)
  • Marco Di Maggio (Université La Sapienza Rome, fondation Gabriel Péri), « Les malentendus de l’hégémonie », Gramsci dans le Parti communiste français
  • Francesca Izzo (Université l’Orientale de Naples), Althusser en Italie. Le double défi à Gramsci et à della Volpe
  • Peter D. Thomas (Brunel University, Londres), Gramsci et le dernier Althusser
10h45-11h00 Pause café
11h00 - Séance présidée par Serge Wolikow
  • André Tosel, Henri Lefebvre face à Gramsci ?
  • Panagiotis Sotiris (Université de l’Egée, Mytilène) Le dialogue continu de Poulantzas avec Gramsci
  • Razmig Keucheyan (Université Sorbonne Paris IV), Gramsci dans les cultural studies
12h15-13h30 - Discussion conclusive.

samedi 18 février 2012

samedi 25 février 2012 | Razmig KEUCHEYAN, Penser la crise avec Gramsci


[Parution] A. Gramsci | Guerre de mouvement et guerre de position


[Présentation de l’éditeur]

Gramsci en France : une série de contresens. Non, Gramsci n’est pas le « classique » qu’ont instrumentalisé les héritiers italiens et français du marxisme de caserne. Il n’est pas non plus, sur le bord opposé, une pure icône du postmodernisme, limité au rôle de père des subaltern et autres cultural studies. On ne peut pas le réduire aux concepts « gramsciens » toujours cités, toujours les mêmes – hégémonie, intellectuel organique, bloc historique, etc. Il faut dire que Gramsci, si prestigieux qu’il soit, reste difficile à classer, et pas si facile à comprendre : les Cahiers de prison ne sont pas un livre, ce sont des notes rédigées dans les pires conditions, et il est remarquable que cet ensemble qui s’étale sur plus de cinq ans ait tant de cohérence dans sa circularité.
Dans le choix et la présentation des textes, ce livre a pour but de faire comprendre l’actualité de Gramsci, son importance dans la réflexion stratégique, dans la compréhension des crises du capitalisme, dans l’adaptation du marxisme à la crise du mouvement ouvrier et aux luttes anticoloniales, antiracistes, féministes et écologiques.
On y trouvera les raisons qui font aujourd’hui de l’œuvre de Gramsci un outil révolutionnaire essentiel, de l’Argentine à l’Allemagne en passant par l’Inde et l’Angleterre. Pour la France, il était grand temps.

Antonio Gramsci, Guerre de mouvement et guerre de position. Textes choisis et présentés par Razmig Keucheyan. Paris : La Fabrique, 2012

lundi 6 juin 2011

Antonio Labriola | « Essais sur la conception matérialiste de l’histoire » [vient de paraître]



« La présente initiative éditoriale n’a pas pour seul but de reconstituer des éléments de mémoire historique concernant un représentant singulier et original du marxisme de l’époque de la Seconde internationale, encore que par les temps qui actuels d’ignorance barbare de toute la tradition de la pensée émancipatrice une telle entreprise trouve déjà en tant que telle sa légitimation intellectuelle et politique. Elle se justifie surtout par la qualité de la pensée condensée dans ces essais et nous oblige à faire le point sur les problèmes difficiles de toute pensée de l’histoire […]. Elle oblige à reconsidérer la possibilité d’une théorie à la fois constructiviste et objective de l’histoire à l’époque de la mondialisation capitaliste. Si Labriola partage des présupposés marxiens et engelsiens qui sont aujourd’hui discutés et même abandonnés, la tension de sa réflexion ouvre sur des problématiques signifiantes et sur des possibles théoriques immanents à ce qui demeure épocal dans la conception matérialiste de l’histoire » (extrait de la préface d’André Tosel, « Antonio Labriola ou le marxisme à “l’essai” »)

Antonio Labriola (1843-1904) est le fondateur du courant marxiste italien. Ami d’Engels, en dialogue avec Georges Sorel, il a renouvelé avec originalité la pensée de Marx à un moment historique où elle semblait être en crise.
Depuis 1902 son œuvre la plus importante, les Essais sur la conception matérialiste de l’histoire, n’était pas traduite en français. Nous la présentons dans une nouvelle traduction. Nous y avons intégré d’autres textes de Labriola, et également la préface de Georges Sorel à la première édition française des Essais et la traduction de l’article de T. Masaryk, « La crise scientifique et philosophique du marxisme contemporain ».
Édition coordonnée par Franck La Brasca avec une préface d’André Tosel

Antonio Labriola, Essais sur la conception matérialiste de l’histoire. Napoli : La Città del Sole ; : Paris : Vrin (« La pensée et l’histoire »), 404 p. — ISBN : 978-88-8292-419-5

vendredi 21 janvier 2011

Disparition de Jacques Texier


Nous publions ci-dessous un billet d'hommage
à Jacques Texier que nous ont adressé ses rédacteurs,
Antoine Artous et Henri Maler.


Jacques Texier  vient de mourir
Nous venons d’apprendre avec une infinie tristesse le décès de Jacques Texier, le 13 janvier 2011. Chercheur au CNRS, rattaché au laboratoire de philosophie politique (en 2002), ce militant communiste, membre de l’association Espaces Marx,  était notamment un spécialiste de la pensée d’Antonio Gramsci. Avec Jacques Bidet, il avait été l’un des initiateurs de la revue Actuel Marx et du « Congrès Marx International ». En 1998, il avait publié un ouvrage très important, dont nous n’avons pas fini de tirer les leçons : Révolution et démocratie chez Marx et Engels (PUF) est dans ce contexte que nous nous sommes rencontrés, au point de croisement de trajets politiques distincts : dans le cadre d’un groupe de travail qui, constitué  à la suite à un séminaire de Critique communiste tenu en avril 2000, qui  avait pris pour nom « Émancipation sociale et démocratie ». Les discussions et les échanges auxquels participaient également Daniel Bensaïd, Eustache Kouvélakis et Jean-Marie Vincent se sont traduits  par la tenue d’un colloque, suivi  d’un dossier de ContreTemps (n° 3, février 2002), puis, en 2003, par la publication d’un « Cahier de Critique communiste » intitulé Marx et l’appropriation sociale (Syllepse) que nous avons rédigé ensemble. Nous voulons nous souvenir de la fidélité critique de Jacques à ses choix politiques fondamentaux, de la rigueur intellectuelle de ses contributions, des bonheurs d’une rencontre amicale et chaleureuse.

Antoine Artous et Henri Maler

mardi 1 décembre 2009

Le marxisme du 20e siècle par André Tosel


L’ouvrage est consacré à l’examen de quelques moments importants de l’histoire dite des marxismes du 20e siècle et de certaines interprétations de Marx. Les études ici rassemblées ont l’ambition d’alimenter ce débat par l’examen de quelques moments importants de l’histoire dite des marxismes, et de certaines interprétations de Marx au 20e siècle. Il accorde une importance particulière accordée à Gramsci comme le penseur hérétique le plus complet. L’auteur aborde ces contributions du siècle passé dans leur dimension critique et qui s’avèrent nécessaires à la production d’une théorie critique à la hauteur du défi que constituent l’échec du communisme historique et l’hégémonie du capitalisme mondialisé. Ainsi d’autres interprétations de Marx sont ici défendues, délivrées de la volonté d’orthodoxie, interprétations nourries de la confrontation avec les points hauts de la modernité théorique. Cette exigence est partagée par tous ceux pour qui la référence à Marx est celle tout à la fois, de ce livre que d’un chantier encore à explorer.

jeudi 4 décembre 2008

« Marxisme et religion : Antonio Gramsci » par Michael Löwy

Contrairement à Troeltsch et Mannheim, Antonio Gramsci (1891-1937) n'était pas un universitaire. Fondateur du Parti communiste italien (1921), il a écrit la plupart de ses travaux dans la clandestinité ou dans la prison, et ses réflexions étaient toujours inspirées par son engagement politique révolutionnaire. Ses recherches les plus importantes se trouvent consignées dans des Cahiers manuscrits, rédigées dans les prisons du régime fasciste italien, où il resta enfermé de 1927 jusqu'à sa mort en 1937. Esprit inquiet et hétérodoxe, Gramsci va renouveler la théorie marxiste, aussi bien du point de vue philosophique que politique. Passionnément opposé aux interprétations positivistes, scientistes ou déterministes du matérialisme historique, aussi bien dans la social-démocratie (Enrico Ferri, Filippo Turati) que dans le mouvement communiste (Boukharine), il va proposer une interprétation éthique et volontariste du marxisme, en s'appuyant, dans ses écrits de jeunesse, sur Sorel et Bergson, et dans ses écrits postérieurs, sur la tradition historiciste italienne. (Lire la suite)