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lundi 1 décembre 2014

[séminaire 2014-2015] Séance du 13 décembre 2014


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Quatrième séance du séminaire
Sophie Béroud,
« Luttes dans le monde du travail et transformations du syndicalisme : éléments d’analyse à partir d’une sociologie marxiste »

Autour de sa contribution à l'ouvrage dirigé par D. Mezzi,



Samedi 13 décembre 2014, de 16h à 18h
Maison de la recherche - université Paris IV
28, rue Serpentine 75006 Paris
(M° Odéon)

Alors que les tentacules du capitalisme ­mondialisent l’affrontement entre le capital et le travail, il est manifeste que le mouvement syndical n’est pas encore à la hauteur des besoins.Si l’écosystème syndicalisme-mouvement social change, il est traversé de débats, engage des mutations internes et subit parfois des tensions et des crises. De nouvelles structures émergent, voire de nouvelles formes d’organisation et de contestation.


Cet ouvrage examine les changements du syndicalisme et les défis qu’il doit affronter: unité, unification, rapport à la politique, place du travail, représentativité, indépendance…
Il apporte les éclairages nécessaires à un projet de consolidation ou de refondation syndicales, alors même que les formes organisées se multiplient (associations, mouvements…), s’interpellent et s’interpénètrent.
Pour résister, fédérer et faire avancer les droits, tout est à réinventer. Fronts partiels, collectifs pluri-thématiques, réseaux souples, jonctions pragmatiques entre syndicalisme et réponses politiques, internationalisation: tout bouge.
Il est temps de sortir du 20esiècle!



vendredi 14 mars 2014

Parution | La Réification : histoire et actualité d'un concept critique

Le capitalisme est une totalité qui produit des effets dans toutes les sphères de la vie. Le concept de réification, élaboré par Georg Lukács pour désigner « le fait qu’un rapport, une relation entre personnes, prend le caractère d’une chose », permet d’en rendre compte et de critiquer la réduction des individus à de simples fonctions de la reproduction sociale, ainsi que la domination qu’y exercent la marchandise, la division du travail, l’État, le droit formel et la bureaucratie, sur les pratiques et les formes de vie.
La Réification réunit les contributions de philosophes qui interrogent l’histoire et l’actualité de ce concept dans la perspective d’une critique du capitalisme contemporain. Y sont expliquées, discutées et réactualisées les théories de la réification à l’œuvre dans les marxismes et les théories sociales critiques, depuis Marx, Weber et Lukács jusqu’à Adorno, Lefebvre, Sartre, Honneth, Žižek et les théories queer et féministes.
Cet ouvrage collectif, en montrant au-delà des théories philosophiques et sociologiques habituelles que le capitalisme est une forme sociale totale, porte un éclairage original dans les débats contemporains sur le capitalisme et son dépassement.



jeudi 28 octobre 2010

Quelques nouveautés

Deux nouveaux textes ont été mis en ligne sur le site du séminaire :  

C. Leneveu « Un automne brûlant… à Nantes. Sur les manifestations et les émeutes urbaines dont Nantes a été récemment le théâtre »
Lors du mouvement social récent [novembre-décembre 1995, ndlr], cet « automne brûlant » que notre pays vient de connaître, les manifestations unitaires organisées à Nantes à l’appel de l’intersyndicale cgt, cgt-fo, fen et fsu, ont atteint une ampleur sans égale depuis 1968. On peut même dire, avec certitude, que ces manifestations – auxquelles s’est toujours associé le mouvement étudiant dans ses diverses composantes et tendances , ainsi que des lycéens des principaux établissements de l’agglomération – délimitent sur le registre de la mobilisation collective, un seuil supérieur d’implication et de participation, si l’on se remémore, ou si l’on examine, les manifestations de 1968. Ainsi, celles du 30 novembre et des 5 et 7 décembre rassemblent de 25 000 à 35 000 personnes, quant à celle du 12 décembre, qui marque le point de crête du mouvement, elle regroupe 40 000 manifestants (50 000 selon L’Humanité).


Le travail est depuis longtemps objet d'étude, mais il fait partie de ces objets récalcitrants qui se dérobent alors même qu'on croit les cerner. Sous sa forme moderne de travail salarié, il a donné lieu et donne toujours lieu à de nombreuses enquêtes et à des réflexions souvent très élaborées, mais il n'est pas certain pour autant que sa réalité profonde soit véritablement saisie. Le travail, malgré sa banalité quotidienne et sa trivialité répétitive n'est pas quelque chose d'indifférent pour les individus et les groupes sociaux. Il est à la fois un enjeu vital et un enjeu social, particulièrement pour ceux qui en sont les prestataires principaux : il leur donne en grande partie leur identité. Il ne faut donc pas s'étonner de voir qu'on lui attribue souvent des significations qui excèdent les pures considérations économiques et ergonomiques et qu'on projette sur lui beaucoup d'espoirs et de fantasmes. Le travail est à la fois dépense (physique, nerveuse) de la force de travail et activité qui doit faire sens pour celui qui l'exerce, et cela même s'il est en partie souffrance et reproduit sans cesse du non-sens. Le travail visible est en quelque sorte complété par du travail invisible, par les efforts que les individus font sur eux-mêmes pour s'y retrouver, notamment pour intérioriser les contraintes qui pèsent sur eux et transfigurer dans une certaine mesure leur propre situation.
 



 

mercredi 11 novembre 2009

« Culture & matérialisme » par Raymond Williams



L'introduction récente, en France, des Cultural Studies, semble s'être faite au prix de l'oubli de leur hétérogénéité : cette étiquette englobante recouvre en effet des postures intellectuelles, des contenus théoriques et des rapports au politique fort différents. En ce sens, la première traduction française de Raymond Williams se voudrait une introduction à un versant bien spécifique de cette pensée critique. Si ce dernier est souvent présenté, à juste titre, comme l'un des fondateurs des Cultural Studies, il faut immédiatement préciser qu'il envisage ces dernières comme devant donner lieu à une théorie matérialiste de la culture. La pensée de Williams doit en outre être saisie comme un effort permanent pour articuler travail théorique - en inscrivant son œuvre dans un dialogue avec la tradition marxiste - et projets d'émancipation. Si ce recueil ne peut constituer qu'une brève introduction à l'oeuvre prolifique de Williams, elle dessine néanmoins les multiples directions et objets de son travail. De son analyse des mouvements d'avant-garde à la réélaboration des notions centrales de la pensée marxiste - qu'il s'agisse du couple base/superstructure ou de la nécessité de penser les « moyens de communication comme moyens de production » - en passant par la considération de l'imaginaire produit par la ville capitaliste, ce recueil entend donner à lire une œuvre tout à la fois plurielle - par ses objets, ses préoccupations - et dotée d'une forte unité théorique et politique - le matérialisme d'une pensée toujours articulée à la nécessité d'élaborer de nouvelles pratiques politiques. Les Cultural Studios n'ont cessé d'étudier la culture, pour Williams il s'agit également de la transformer.


Raymond Williams, Culture & matérialisme. Paris : Les Prairies ordinaires, 2009. – 245 p.

Visitez le très beau site des éditions Les Prairies ordinaires

mercredi 7 octobre 2009

« Certains naissent de façon posthume : la survie d’Henri Lefebvre » par Stuart Elden

Vient de paraître sur le site du séminaire…

À sa mort en juin 1991, Henri Lefebvre lègue un remarquable héritage en terme d’écrits. Plus de soixante livres d’une recherche originale, des éditions des œuvres de Marx, Hegel, Lénine ainsi que quelques ouvrages publiés sous sa direction. Augmentent cet héritage, des contributions à des ouvrages collectifs et de nombreux articles, disséminés dans une multitude de revues et de journaux, beaucoup d’entre eux traitant de sujets non débattus dans ses écrits plus anciens. (Lire la suite)

jeudi 26 février 2009

« Un automne brûlant... à Nantes : sur les manifestations et les émeutes urbaines dont Nantes a été récemment le théâtre » par Claude Leneveu


Le texte que nous proposons ci-dessous est le fruit d'une analyse participante, à la fois sociologique (scientifique) et militante (sympathisante) du mouvement social de novembre-décembre 1995 à Nantes. Comme toujours avec Claude Leneveu, et comme pour tout véritable marxiste du reste, la rigueur militante n'annule pas ni ne dissout la rigueur scientifique de l'analyse sociologique. Au contraire, elles se nourrissent et s'articulent mutuellement, sans prévarication de l'une vis-à-vis de l'autre. Puisse ce texte d'ores et déjà en attester, avant la prochaine publication d'un recueil de ses travaux fin 2009-2010.

Lors du mouvement social récent, cet « automne brûlant » que notre pays vient de connaître [ce texte a été rédigé en 1996], les manifestations unitaires organisées à Nantes à l’appel de l’intersyndicale CGT, CGT-FO, FEN et FSU, ont atteint une ampleur sans égale depuis 1968. On peut même dire, avec certitude, que ces manifestations – auxquelles s’est toujours associé le mouvement étudiant dans ses diverses composantes et tendances, ainsi que des lycéens des principaux établissements de l’agglomération – délimitent sur le registre de la mobilisation collective, un seuil supérieur d’implication et de participation, si l’on se remémore, ou si l’on examine, les manifestations de 1968. Ainsi, celles du 30 novembre et des 5 et 7 décembre [1995] rassemblent de 25 000 à 35 000 personnes, quant à celle du 12 décembre [1995], qui marque le point de crête du mouvement, elle regroupe 40 000 manifestants (50 000 selon L’Humanité). (Lire la suite)

vendredi 13 février 2009

« Quand le travail se précarise : quelles résistances collectives ? » par Sophie Béroud & Paul Bouffartigue


Depuis la fin des années 1970 la précarisation du travail et de l’emploi accompagne l’entrée dans une nouvelle phase de crise du capitalisme. Elle constitue l’un des ressorts et l’une des implications majeurs des transformations productives qui s’accomplissent au travers d’un transfert de richesses du travail vers le capital et des politiques néolibérales de « flexibilisation » du travail. Elle frappe de plein fouet les vieux pays industriels, dans lesquels s’étaient édifiés tout au long du 20e siècle, sous l’impulsion du mouvement syndical et ouvrier, toute une série de protections sociales et collectives. Elle touche également des pays du Sud plus récemment industrialisés et dans lesquels ces protections n’ont pas connu la même extension. Quand aux pays émergents, qui semblent parfois être les grands bénéficiaires de la globalisation économique, l’industrialisation y revêt souvent le même visage sauvage qui a été le sien dans l’Europe occidentale du 19e siècle. (Lire la suite)

mardi 21 octobre 2008

Sur Lucien Goldmann par Michael Löwy

Lucien Goldmann (1913-1970) est un des plus importants représentants du courant humaniste et historiciste du marxisme au XXe siècle. Ses travaux de philosophie et sociologie de la culture - notamment Le Dieu caché (1955), étude novatrice de la vision tragique du monde chez Pascal et Racine - sont fortement marqués par l’influence du Lukács de Histoire et conscience de classe et s’opposent radicalement aux lectures positivistes ou structuralistes du marxisme. Juif roumain établi en France depuis les années 1930, Goldmann se réclamait d’un socialisme autogestionnaire, critique aussi bien de la social-démocratie que du stalinisme. Tandis qu’aux USA et en Amérique Latine sa pensée et son œuvre continuent à susciter un très vif intérêt, un étrange oubli semble l’avoir enseveli en France. Il est vrai qu’il s’agit d’une sociologie en rupture totale avec la tradition dominante des sciences sociales françaises, qui va d’Auguste Comte à Claude Levi-Strauss et Louis Althusser, en passant par Émile Durkheim. Mais, d’autre part, par sa ré-interprétation de Pascal, elle n’est pas moins héritière d’un courant dissident de la culture française moderne (Lire la suite)