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lundi 13 février 2012

Consignes pour un communisme du XXIe siècle

Écoutez La vignette d'Aude Lavigne
 France Culture, lundi 13 février 2012 
consacrée à cet objet poétique &t politique

Le premier livre qui tourne à gauche
Les modes d'emploi mal traduits ont une vraie force poétique, qui déconnecte les usages et les buts et rend leur mystère aux objets les plus simples. Ce petit recueil est une compilation de mode d'emplois imaginaires destinés à des objets improbables et inutilisables, mélangeant une ascendance vaguement soviétique à des technologies plus récentes, le tout sur horizon politique. Ce livre se veut lui-même un tel objet, étrange et peu praticable, à la fois simple et complexe, puisqu'il ne se feuillette qu'en le tournant à chaque page d'un quart de tour vers la gauche.
Ni canular, ni poésie désincarnée, il s'agit de parler du communisme en confrontant quelques-uns de ses vestiges, de ses échecs et de ses ambitions à nos propres interrogations et à l'envie persistante de construire, d'organiser et de rêver, de révolutionner.
À mi-chemin entre les Shadocks et El Lissitsky, le travail graphique d'Elena Vieillard, bien plus qu'une illustration, est indissociable du texte tant il incarne et donne sa force à ce petit livre-objet à manipuler et à rêvasser, en mouvement perpétuel. Vers la gauche.

Les auteures
Isabelle Garo, philosophe, enseigne la philosophie au Lycée Chaptal (Paris).
Elena Vieillard, membre du collectif de graphistes Le Grand Atelier, est graphiste et illustratrice.


vendredi 7 janvier 2011

Colloque : Espace public et création, 25-26 janvier, université Paris 7-Diderot

 

ESPACE PUBLIC ET CREATION
Colloque organisé par Anne Kupiec, Nicolas Poirier et Etienne Tassin dans le cadre du Centre de sociologie des pratiques et des représentations politiques de l'Université Paris 7
Mardi 25 et mercredi 26 janvier 2011
Université Paris-7 Denis Diderot
Amphitéatre Buffon
15 rue Hélène Brion
75013 Paris 



dimanche 11 octobre 2009

Séminaire Cinéma, Théâtre, émancipation (1) : l’hypothèse d’un art communiste

« Peintres communistes, si l'on vous demande si vous êtes communistes, mieux vaut produire comme preuve vos tableaux plutôt que votre carte du Parti. »
(Bertolt BRECHT, Sur le réalisme. Paris: Éd. de l’Arche, 1970, p. 59).




mercredi 26 août 2009

Quelques nouveautés sur le site du séminaire

En regrettant de ne pas pouvoir aller plus vite, nous remettons progressivement des textes à disposition sur le nouveau site du séminaire. Vous trouverez ainsi sur la question de l'art deux articles, qui inaugurent la rubrique Culture, art et esthétique

Marx et la critique de l'esthétique par I. Garo
Marx est-il l’auteur d’une esthétique ? En dépit des théories de l’art marxistes qui ont cherché leurs sources dans son œuvre, ce qui n’est en rien illégitime, il faut cependant commencer par affirmer qu’une telle esthétique marxienne est introuvable. Cette absence est avant tout à relier à la redéfinition même du travail théorique qui accompagne son œuvre et qui interdit tout autant la constitution d’une philosophie séparée que l’élaboration d’une esthétique en tant que telle, dont la définition demeure assujettie à cette même philosophie. La promotion du terme par Baumgarten, au milieu du XVIIIe siècle, enracine sa définition sur le terrain d’une théorie de la connaissance et des facultés, conception que prolongera l’élaboration par Kant de la doctrine du jugement de goût. Sur ce terrain, la critique hégélienne de la théorie kantienne n’offre à Marx aucune perspective alternative : dans la mesure où il rejette précisément chez Hegel la conception d’une histoire culminant dans la réappropriation savante d’elle-même, dont l’art est une étape, le renversement et la réélaboration matérialiste de l’hégélianisme semble précisément interdire la circonscription d’une théorie de l’art, qui demeure là encore placée sous l’égide de la philosophie. Selon Hegel en effet, l’art présente la figure immédiate du savoir, qui a « de son côté, effectué la même chose que la philosophie – purifier l’esprit de la non-liberté ». Ce n’est donc pas à partir de la critique de cette définition, trop profondément imbriquée dans l’édifice de l’idéalisme allemand, que peut se construire une critique marxienne de la philosophie hégélienne qui refuse d’être une autre philosophie. Enfin, et corrélativement, l’objet principal de Marx étant ailleurs, si l’insertion de l’activité artistique au sein de l’ensemble des activités humaines est cohérente avec le reste de son projet, on conçoit qu’il n’ait pas eu le temps d’en entreprendre comme tel l’examen et qu’il ne propose nulle part une analyse spécifique de l’oeuvre d’art, de sa production et de sa réception.

Une esthétique du « désart » ? par V. Charbonnier.
Le regain de la réflexion philosophique contemporaine sur l’art se caractérise par une polarisation exclusive sur la seule dimension esthétique (jugement de goût, réception), ce qui a pour conséquence de subordonner l’art à l’esthétique et de ne pouvoir le penser que par elle. Contre cette réduction, nous rappelons la question de Lukács – il existe des œuvres d’art, comment sont-elles possibles ? Nous en esquissons brièvement quelques développements possibles, en particulier la dialectique immanente et réciproque de l’esthétique et de l’artistique, y reliant également les profondes transformations de l’art et de ses pratiques – l’esthétique incluse –, du xxe siècle.

En vous remerciant de votre patience et de votre compréhension.

samedi 17 janvier 2009

« “La dialectique à la cantonade” : Althusser devant l’art » par Warren Montag

Nous commencerons par l’observation suivante : la période la plus productive d’Althusser coïncide avec un intérêt renouvelé pour la peinture et la littérature contemporaines, et plus particulièrement pour le théâtre. Cela signifie, entre autres, qu’au moment où il a commencé à se distancier radicalement et publiquement des principes communistes traditionnels sur la philosophie, il a aussi commencé à se demander quelle était la théorie marxiste de l’art. Nous savons peu de choses quant à sa vision de l’art dans les années 1950 ni même s’il a vraiment accordé de l’attention à ce thème. Cependant sa correspondance avec Franca Madonia révèle qu’en 1962, il avait abandonné ce qu’elle considérait comme sa ligne orthodoxe à propos de la scène « d’avant-garde ». (Lire la suite)